Raconter sa vie : pourquoi ?

Gertrude L. Brown, A Good Story, 1913

« Raconter sa vie : manquer le sujet principal de son discours et s’étendre sur une anecdote personnelle. » 1« ABC de la langue française », site languefrancaise.net, qui propose un dictionnaire de mots et d’expressions argotiques « Bob ».

Dans le cadre de recherches préalables aux entretiens autour de la transmission et de la mémoire que je m’apprêtais à mener en ce début d’année*, j’avais repéré cette définition de la locution « raconter sa vie », dans sa version familière. Les entretiens menés par la suite me l’ont confirmé : raconter sa vie est chargé de représentations péjoratives : acte vaniteux, signe des temps individualistes marqués par « l’injonction à être soi » ou encore l’incitation à devenir « l’entrepreneur de sa propre existence » 2NIEWIADOMSKI C., DELORY-MOMBERGER C., La mise en récit de soi, Place de la recherche biographique dans les sciences humaines et sociales, Presses Universitaires du Septentrion, 2013

Pourtant, lorsque j’ai invité mes interlocuteurs à s’interroger sur ce qui pourrait motiver (ou avait motivé, s’agissant de personnes déjà engagées dans un travail (auto)biographique)) le récit de vie, j’ai été étonnée de recueillir des motivations bien éloignées de ces aprioris négatifs. Et doublement surprise de constater la diversité de ces motivations d’un entretien à l’autre : des motivations tantôt tournées vers soi, tantôt vers l’autre, sans que les unes soit d’ailleurs exclusives des autres. Je vous en livre ici un aperçu.

Motivations tournées vers soi : les pourquoi d’un récit de soi à soi

Trouver du sens

« La vie est comme un tableau que l’on tisse. Les fils apparaissent après coup, même si chaque événement a été vécu comme isolé, parfois même inutile, dans l’expérience globale de vie. Les choses sont vécues et après elles prennent sens. »

Voici la vision imagée que m’a proposée G., avec qui j’ai eu le plaisir de m’entretenir en mars 2023*. Elle esquissait l’idée que c’est par les récits que l’on construit son existence, que celle-ci prend du sens et de la consistance. Savait-elle qu’elle s’inscrivait ainsi dans la filiation de Paul Ricoeur et de son concept d’identité narrative ? Le philosophe écrit, en effet :

« Inviter l’autre à faire son récit, c’est l’inviter à donner du sens, de la cohérence et de l’unité à sa vie. »

Paul Ricoeur 3RICOEUR P., Soi-même comme un autre, Seuil, 1990
Diego Velázquez, Jeune femme cousant, c. 1640/1650

Car le sens est notre moteur, et bien plus, comme l’écrit Nancy Huston dans son ouvrage « L’espèce fabulatrice » :

« Notre spécialité, notre prérogative, notre manie, notre gloire et notre chute, c’est le pourquoi.

Pourquoi le pourquoi ? D’où surgit-il ?
Le pourquoi surgit du temps.
Et le temps, d’où vient-il ?

De ce que, seuls de tous les vivants terrestres, les humains savent qu’ils sont nés et qu’ils vont mourir.

Ces deux savoirs nous donnent ce que n’ont pas même nos plus proches parents, chimpanzés et bonobos : l’intuition de ce qu’est une vie entière.

Nous seuls percevons notre existence sur terre comme une trajectoire dotée de sens (signification et direction). Un arc. Une courbe allant de la naissance à la mort. Une forme qui se déploie dans le temps, avec un début, des péripéties et une fin. En d’autres termes : un récit.

« Au commencement, le Verbe » veut dire cela : c’est le verbe (l’action dotée de sens) qui marque le commencement de notre espèce.

Le récit confère à notre vie une dimension de sens qu’ignorent les autres animaux.

Nancy Huston 4HUSTON N., L’espèce fabulatrice, Actes Sud, 2008

Ce sens conféré par le récit, si nécessaire à notre espèce, devient parfois vital. Abordons maintenant la motivation thérapeutique.

Aller mieux

Le récit de soi est à la base de nombreuses démarches psychothérapeutiques. En tant que biographe, je ne me positionne en aucune façon comme thérapeute, laissant cette place à celles et ceux qui s’y sont formés. S’il n’a pas pour objet de soigner, le processus biographique peut néanmoins faire naître des effets thérapeutiques : déposer un épisode de vie douloureux, découvrir une cohérence inattendue à une vie que l’on croyait décousue, ou au contraire un relief à une existence que l’on considérait comme plate et sans intérêt…


Je voudrais ici évoquer un type particulier de récit de soi, la biographie hospitalière5 Découverte en 2013 à travers la lecture d’un article dans la Revue XXI, cette pratique est l’étincelle qui a activé ma mise en route vers le métier de biographe. Je ne peux aujourd’hui exercer ce métier, ne remplissant pas une des trois conditions posées par l’association, à savoir disposer d’une expérience professionnelle de l’accompagnement des personnes en fin de vie.. Celle-ci permet à une personne gravement malade, hospitalisée dans un établissement de soin ou à domicile, de raconter son histoire à un biographe professionnel faisant partie intégrante d’une équipe soignante, et de recevoir gracieusement elle-même ou un proche désigné le récit de sa vie sous forme d’un livre d’art. 6Définition figurant sur le site de l’association « Passeur de mots et d’histoires ».


Valeria Milewski, qui pratique la biographie hospitalière depuis 2007 au centre hospitalier de Chartres parle de « care biographique », et souhaite d’ailleurs le faire reconnaître comme un soin de support. Elle a ainsi documenté les effets sur le patient. Un des premiers éléments qu’elle relève : le temps du récit, le malade n’est plus identifié à son statut de malade ; Il redevient une personne, un vivant. Et pourtant…

« « Rester vivant » lorsque l’on est gravement malade (notamment en soins palliatifs) n’est pas du ressort de l’évidence tant la maladie en phase avancée charrie son lot de pertes, de deuils et si la mort est devenue obscène (« en dehors de la scène »), la maladie grave (notamment le cancer) tend aussi à bannir, parcelliser, morceler physiquement et moralement. »

Valeria Milewski 7MILEWSKI V., Faire le récit de soi et rester vivant ? La biographie hospitalière, un récit de soi face à la maladie grave, in Jusqu’à la mort accompagner la vie 2016/3 (N° 126) 2016/3 (N° 126), Presses universitaires de Grenoble

Reprenant la formule ricoeurienne « Inviter l’autre à faire son récit, c’est l’inviter à donner du sens, de la cohérence et de l’unité à sa vie »8RICOEUR P., Soi-même comme un autre, Seuil, 1990., elle avance que la biographie hospitalière est une piste pour que la personne gravement malade « reste dans sa verticalité », puisse « se recoudre avec ce fil à soi narratif ».


Marie de Hennezel le dit avec d’autres mots dans son ouvrage « La mort intime, ceux qui vont mourir nous apprennent à vivre » :

« Faire le récit de sa vie avant de mourir. Le récit est un acte, et pour celui dont l’autonomie est souvent si réduite, cet acte prend toute son importance. Il y a un besoin de donner forme à sa vie et d’adresser cette mise en forme, créatrice de sens à quelqu’un d’autre. »

Marie de Hennezel9 DE HENNEZEL M., La mort intime, Ceux qui vont mourir nous apprennent à vivre, Robert Laffont, 2021
Peter Henry Emerson & T.F. Goodall, Rowing Home the Schoof-Stuff, 1886

Trouver du sens, aller mieux, rester vivant… Ces motivations pour soi peuvent également coexister, voire s’articuler avec des motivations tournées vers les autres, cette citation de Marie de Hennezel l’illustre bien. Je dis ici que cette première catégorie (motivations pour soi) n’est en rien moins valable que la deuxième (pour les autres), qui pourrait apparaître plus noble. Car les démarches tendant à entretenir une meilleure relation à soi ont un effet positif sur l’entourage, et d’ailleurs, sur le reste de la société. Je m’inscris en cela dans les mouvements qui postulent que la transformation sociale est indissociable de la transformation personnelle, la qualité des relations entre les citoyens conditionnant le développement et la « bonne santé » des sociétés. Ils invitent chacun à se sentir responsable de la qualité de ces relations. 10J’avais personnellement découvert ce mouvement TP TS à travers l’ouvrage de Ivan Maltcheff, Les nouveaux collectifs citoyens, Yves Michel, 2011


Regardons à présent du côté des motivations tournées vers l’autre.

Motivations tournées vers les autres : les pourquoi d’un récit de soi à l’autre

Témoigner

Raconter sa vie est un projet dont l’origine peut être la volonté de partager son expérience, de la faire circuler. La philosophe Iris Marion Young, trop peu connue en France parle ainsi des vertus de ce récit « en première personne » :

« Ma propre expérience est limitée et particulière, elle résonne très certainement davantage parmi les femmes blanches, des classes moyennes, hétérosexuelles de notre société capitaliste tardive. Je peux prétendre parler, au minimum, de la seule expérience des femmes comme moi. Mais je crois qu’une part de l’expérience dont je rends compte résonne avec celle d’autres femmes, c’est à elles de le dire. Les différences entre femmes ne nous enferment pas dans des catégories exclusives, la seule façon pour nous de connaître nos similarités et différences, c’est que chacune d’entre nous exprime son expérience particulière.»

Iris Marion Young, philosophe 11YOUNG I. M., On Female Body Experience, Throwing Like a Girl and Other Essays in Feminist Philosophy and Social Theory citée dans FROIDEVAUX METTERIE C., Un corps à soi, Seuil, 2021
Mary Cassatt, Girl Arranging Her Hair, 1886

Le récit de soi acquiert alors une dimension politique, devient instrument de prise de conscience. Il peut aussi se faire agent de transformation de la société, comme l’a montré la publicisation de témoignages individuels frappés du hashtag #metoo.

Transmettre

A l’échelle familiale, la motivation du témoignage se mue en désir de transmission. Cette motivation arrive généralement à un moment de la vie, que j’ai repéré, dans mes entretiens, comme coïncidant avec la décennie de la soixantaine. Disponibilité accrue due à un ralentissement voire à la fin d’une activité professionnelle, conscience de s’approcher de la fin de sa vie et naissance des petits-enfants semblent être les principaux déclencheurs de l’envie de transmettre.

« Quand la demande de biographie émane de personnes de plus de soixante ans, que leur vie ait été riche en événements ou au contraire routinière, qu’elle ait été traversée par l’histoire ou épargnée par elle, qu’elle se soit déroulée à travers le monde ou dans un territoire limité, c’est le désir de rappeler d’où l’on vient, c’est la volonté de dire ce que la vie a été, avec ses bonheurs et ses malheurs, petits et grands, comment elle s’est inscrite dans l’histoire, c’est l’envie de laisser une trace de raconter des territoires et des mondes souvent disparus, qui motivent le biographié. »

Michèle Cléach et Delphine Tranier-Brard 12CLEACH M., TRANIER-BRARD D., Devenir biographe, Prêter sa plume pour écrire la vie des autres, Chronique Sociale, 2020
Mary Cassatt, Portrait of an Elderly Lady, c. 1887

Dans les faits, celui qui va engager la démarche de la biographie est rarement celui qui va se raconter. Est-ce la représentation négative évoquée au début de ce texte qui colle à la peau du récit de soi ? Est-ce la corrélation entre biographie et vie jalonnée de succès et de reconnaissance publique ? (j’approfondis ce frein dans l’article Qu’est-ce qu’une vie digne d’être racontée?)

Dans « Retour à l’Eden », Paco Roca relate la vie de sa mère Antonia, issue d’une famille espagnole, modeste (j’ai évoqué dans cet ouvrage dans l’article Que racontent nos photos de famille ?). Dans la postface, l’auteur parle ainsi de la réception de ce roman (bio)graphique par sa mère :

« Le jour où j’ai apporté à ma mère un exemplaire de Retour à l’éden, elle l’a lu devant moi, pleurant parfois. Elle conclut sa lecture en me disant : « quand je serai partie, je veux que tu gardes ce livre et que tu le lises régulièrement pour te souvenir de moi. Prends en soin, il est unique. » Quand je lui ai répondu qu’il avait été imprimé à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires et qu’il serait publié dans d’autres pays, elle en a été bouleversée, cherchant les raisons qui pouvaient amener tant de gens à lire son histoire. Sûrement parce que sa vie n’a rien d’exceptionnel et qu’elle témoigne de celle de tant de femmes, privées d’études, soumises à un machisme féroce, sans même la liberté de s’imaginer une autre destinée que celle de femme au foyer. »

Paco Roca 13ROCA P., Retour à l’Eden, Delcourt, 2022

Dans le cadre des biographies privées publiées dans un cadre familial, c’est souvent l’entourage – le plus souvent les petits-enfants – qui enclenchent le processus biographique, formulant la demande à leur grand-parent de se raconter. Explorons à présent les motivations de ceux qui désirent qu’un proche leur raconte sa vie.

Motivations à faire raconter ou à recueillir la vie de l’autre

Des motivations qui se répondent

Les motivations de personnes tierces qui souhaitent se voir transmettre l’histoire de vie d’un proche et les motivations telles que pourraient le formuler ceux qui initieraient le récit de leur vie se répondent.

Un petit-enfant dira qu’il veut sauver de l’oubli l’histoire de vie de sa grand-mère, là où celle-ci aurait pu dire souhaiter laisser une trace. Formulée par l’enfant, la motivation plus implicite de témoigner de l’intérêt à son ascendant à travers la demande qu’il lui fait de se raconter (« je m’intéresse à ta vie, à ce que tu as vécu »), fait écho à la volonté de renouer le dialogue chez le grand-parent. A propos de cette motivation, il est d’ailleurs intéressant de noter que le récit une fois finalisé et publié dans le cadre familial recrée du lien. Le récit fait récits, en quelque sorte, suscitant des questions, des envies d’en savoir plus.

Camille Pissarro, Les enfants, 1880

Mieux comprendre, se positionner dans la lignée familiale

Je cite ici quelques verbatims issus des entretiens menés en début d’année :

« Envie de connaître des chemins de vie empruntés par mes parents qui ont des conséquences, qui ont une influence sur mes manières d’être. »

« Sur la génération de mes grands-parents : j’ai besoin de comprendre beaucoup plus, comprendre ce qui les a amenés à faire certains choix, accepter certaines situations. »

« Des choses qui peuvent aider à comprendre une trajectoire familiale. »

« Besoin de comprendre d’où ils viennent, les choix qu’ils ont fait, pour prendre ma place en tant que petite-fille et mieux percevoir leur héritage. »

Ces paroles éclairent sur l’articulation entre ce désir de comprendre l’autre et le besoin de se positionner dans le collectif familial.

Mieux comprendre son parent, c’est aussi appréhender, au-delà des faits, la lecture qu’elle ou il a eue des événements qui ont jalonné sa vie. C’est accéder à une facette de son parent à laquelle on a rarement eu accès, le prisme de la connaissance du parent étant souvent réduit à sa fonction parentale. Une facette qui peut se révéler imparfaite, vulnérable, et qui aide à assumer sa propre vulnérabilité.

George Bellows, Mother and Children, 1916

Et qu’en est-il de la motivation du biographe, qui recueille et écrit la vie de l’autre ?

Cet article est l’occasion d’évoquer ma propre motivation à recueillir et accompagner le récit de l’autre. Et pour cela… Il me faut vous raconter ma vie (un peu).


Mes grands-parents maternels sont issus d’un milieu très modeste, où l’écriture et la lecture n’allaient pas de soi ; j’ai toujours su que savoir écrire est un privilège. Comme me l’a appris la poétesse Audre Lorde, reconnaître un privilège est la première étape pour le mettre au service d’autres 14« To acknowledge privilege is the first step in making it available for wider use. » (LORDE A., Burst of Light, Firebrand Books,1988) ; de ce savoir écrire, j’ai eu envie de faire quelque chose, de le déployer.

Je m’inscris aussi en cela dans une tradition familiale que j’ai récemment mise au jour : il se perpétue dans mon ascendance paternelle un héritage d’écrivain public bénévole. Mon arrière grand-père, Corentin, dit Tine, employé municipal breton ouvrait quotidiennement sa porte et sa table aux voisins venus lui exposer leurs tracas administratifs. Sa fille, ma grand-mère, que j’ai longtemps identifiée à la figure de la femme au foyer a joué dans sa vie un rôle d’assistante sociale informelle. Quant à mon père, il a donné beaucoup de son temps personnel, lorsqu’il était inspecteur du travail, pour conseiller celles et ceux qui cherchaient à résoudre des questions liées à leurs conditions de travail… Et moi maintenant qui propose de mettre mon écriture au service des histoires de vie d’autrui. D’aider à transmettre.

Paul Gauguin, La Ronde des petites Bretonnes, 1888

Paradoxalement, c’est peut être d’ailleurs une absence de transmission qui anime le choix de ce métier particulier : la transmission de la langue bretonne s’arrête dans ma famille à la génération de mes grands-parents. Ma famille est à cet égard loin d’être un cas isolé (j’ai évoqué la glottophobie française dans l’article Donner à entendre ce que la voix raconte). Ce défaut de transmission a-t-il aiguisé un appétit des langues ? Car j’ai toujours eu cet appétit, qui s’est effectivement manifesté dans l’apprentissage d’autres langues, de l’allemand au peul, et aussi dans le goût des voyages et des rencontres qui se font dans ce dépaysement.

Mon rapport à la langue est pétri d’un héritage multiple : la langue-affaire-sérieuse qui m’a été transmise par ma mère, transfuge de classe qui s’est promis à l’âge de dix ans que personne ne la reprendrait plus jamais sur une erreur de langage, la langue comme outil de fantaisie, la langue dont la maîtrise secoure et tire d’ennui, la langue fantôme qui n’a jamais été transmise… Cette multiplicité est fertile, c’est elle qui m’a façonnée comme caméléon de la langue, c’est elle qui me rend capable de rejoindre l’autre dans sa langue. Et c’est cette qualité que je propose à celles et ceux dont je recueille la vie, ou que j’accompagne dans l’écriture de leur récit de vie.


Enfin, ceci : fille d’un vingtième siècle qui a souvent séparé et détruit, je sais qu’une de mes motivations profondes est que ces récits fassent lien, et ce à plusieurs niveaux : auprès de la personne dont je recueille le récit de vie, je permets modestement de donner, au-delà du sens, de la cohérence et de l’unité à sa vie 15Selon la même formule ricoeurienne citée plus tôt dans le texte.. Auprès des personnes qui recevront ce récit, je facilite la transmission et la circulation d’expériences, espérant que le « je » dont il est question dans le récit puisse faire « nous ».


Une motivation que je résume en cinq mots sous la forme de cette invitation : tissons des récits qui relient.

* Cet article s’inscrit dans une série débutée en mars 2023, inspirée par les entretiens que j’ai menés cette même année auprès de 42 personnes de tous âges et horizons : elles m’ont parlé de leur rapport à la transmission, à la mémoire, au récit de vie… À travers ces articles, mon idée est d’ouvrir un champ de réflexion plutôt que de chercher à résoudre les questions soulevées…

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    « ABC de la langue française », site languefrancaise.net, qui propose un dictionnaire de mots et d’expressions argotiques « Bob ».
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    NIEWIADOMSKI C., DELORY-MOMBERGER C., La mise en récit de soi, Place de la recherche biographique dans les sciences humaines et sociales, Presses Universitaires du Septentrion, 2013
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    RICOEUR P., Soi-même comme un autre, Seuil, 1990
  • 4
    HUSTON N., L’espèce fabulatrice, Actes Sud, 2008
  • 5
    Découverte en 2013 à travers la lecture d’un article dans la Revue XXI, cette pratique est l’étincelle qui a activé ma mise en route vers le métier de biographe. Je ne peux aujourd’hui exercer ce métier, ne remplissant pas une des trois conditions posées par l’association, à savoir disposer d’une expérience professionnelle de l’accompagnement des personnes en fin de vie.
  • 6
    Définition figurant sur le site de l’association « Passeur de mots et d’histoires ».
  • 7
    MILEWSKI V., Faire le récit de soi et rester vivant ? La biographie hospitalière, un récit de soi face à la maladie grave, in Jusqu’à la mort accompagner la vie 2016/3 (N° 126) 2016/3 (N° 126), Presses universitaires de Grenoble
  • 8
    RICOEUR P., Soi-même comme un autre, Seuil, 1990.
  • 9
    DE HENNEZEL M., La mort intime, Ceux qui vont mourir nous apprennent à vivre, Robert Laffont, 2021
  • 10
    J’avais personnellement découvert ce mouvement TP TS à travers l’ouvrage de Ivan Maltcheff, Les nouveaux collectifs citoyens, Yves Michel, 2011
  • 11
    YOUNG I. M., On Female Body Experience, Throwing Like a Girl and Other Essays in Feminist Philosophy and Social Theory citée dans FROIDEVAUX METTERIE C., Un corps à soi, Seuil, 2021
  • 12
    CLEACH M., TRANIER-BRARD D., Devenir biographe, Prêter sa plume pour écrire la vie des autres, Chronique Sociale, 2020
  • 13
    ROCA P., Retour à l’Eden, Delcourt, 2022
  • 14
    « To acknowledge privilege is the first step in making it available for wider use. » (LORDE A., Burst of Light, Firebrand Books,1988)
  • 15
    Selon la même formule ricoeurienne citée plus tôt dans le texte.

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