Que racontent les objets de nos vies ?

Daniel Spoerri, Tableau-piège, Séville Serie n°33, 1991

« Chez ma mère, il y a un tas d’objets, des objets qui permettent de raconter une histoire…» Voici ce que m’a confié une des personnes interrogées dans le cadre de mes entretiens sur la mémoire et la transmission*.

Des objets, inanimés, peuvent-il raconter quelque chose ? Que disent-ils de nous, de ce que nous avons été ? Qu’en est-il des objets de nos aïeux ?

Objets des débuts

Commençons par l’enfance. Nounours, poupée de chiffon, tétine, morceau de tissu… C’est le fameux objet transitionnel, notion théorisée par le pédiatre et psychanalyste britannique Donald W. Winnicott1WINNICOTT D., De la pédiatrie à la psychanalyse, Payot, 1989. Cet objet permet au bébé de surmonter le traumatisme né de cette découverte : sa mère peut s’absenter, alors même qu’il était dans l’illusion de la fusion, pensant ne faire qu’un avec son corps. Prolongement de l’enfant à l’extérieur, l’objet transitionnel permet de soulager sa peur de la solitude… Enfin pas tout à fait : ce n’est pas l’objet lui-même, mais ce que l’enfant projette sur cet objet qui lui procure ce sentiment de sécurité. Dès le plus jeune âge, nous faisons cette expérience de l’attachement à un objet en raison de l’histoire et du sens que nous y associons.

Ernst Ludwig Kirchner, Jeune fille à la poupée, 1916

L’objet peut bien changer de forme, le sens survivra à cette métamorphose. L’histoire « Mon doudou pour la vie »2HOUSE E., Mon doudou pour la vie, Gallimard Jeunesse, 2022. J’ai beaucoup lu ce livre avec mes filles, je recommande ! le dit bien. Sacha possède un doudou depuis sa naissance, une couverture surnommée Tapidou. Il arrive à Tapidou une mésaventure qui la laisse en pièces, totalement déchirée. Armé d’une aiguille et de fils, le père de Sacha donne une deuxième vie au doudou en le transformant… en sac ! Ainsi modifié, le doudou reste doudou aux yeux de Sacha, qui continue à lui prêter les mêmes vertus.

Extraits de « Mon doudou pour la vie » de Emily House, Gallimard Jeunesse, 2022

Objets de collection et d’accumulation

Conservons-nous ce besoin d’un objet transitionnel au-delà de l’enfance ? C’est l’hypothèse que formule le psychanalyste américain Werner Muensterberger. Selon lui, le collectionneur retrouverait dans chacune de ses acquisitions le pouvoir de l’objet transitionnel3MUENSTERBERGER W., Le Collectionneur : anatomie d’une passion, Payot-Rivages, 1996. Mu ou pas par ce besoin des origines, le collectionneur est multiple, car en matière de collections, les options et déclinaisons sont infinies. Le collectionneur peut jeter son dévolu sur des objets utiles ou ne consacrer sa pratique qu’aux objets artistiques… Il peut procéder par choix sélectif ou se faire accumulateur…

Arman, Réveils, 1960

Accumulateurs… Ne le sommes-nous pas tous un peu, comme en attestent nos intérieurs envahis? Notre tendance accumulatrice témoigne de notre statut de contemporain de la société de consommation, et de notre capacité à participer à cette société, acheter, posséder.

L’analyse de l’enseignante chercheuse Valérie Guillard, qui travaille sur les comportements des consommateurs et leur rapport aux objets, montre que « l’accumulation peut servir à délimiter un « territoire minimal » à l’intérieur duquel nous allons nous constituer les preuves de notre propre existence. Les frontières de ce territoire sont néanmoins poreuses : en dépit de ses vertus, l’accumulation devient une source de tension dès lors que le besoin d’avoir entre en conflit avec, notamment, les injonctions du développement durable et son prolongement la simplicité volontaire, l’économie collaborative, autrement dit la substitution de la possession par l’usage. »4GUILLARD V., Boulimie d’objets, L’être et l’avoir dans nos sociétés, De Boeck, 2014 (extrait issu du texte de présentation du livre)

« Aïe on nous fait croire
Que le bonheur c’est d’avoir
De l’avoir plein nos armoires,
Dérisions de nos dérisoires car…»

Alain Souchon5SOUCHON A., Foule sentimentale, chanson issue de l’album « C’est déjà ça », 1993

Objets spéciaux

… « Foule sentimentale », comme le chante Alain Souchon. Nous sommes ces sentimentaux qui extraient certains objets du registre de la consommation et de l’utilité, leur conférant une autre valeur, indépendante de leur valeur d’échange. Ces objets « spéciaux » nous importent, car ils portent un souvenir, une mémoire, un événement. N’importe quel objet, même un ustensile, peut devenir support de mémoire dès lors qu’il est considéré comme un souvenir.

Cette notion d’objet-souvenir est ancienne, bien antérieure à l’avènement de la société de consommation ; ainsi les registres de la morgue parisienne du XIXème siècle rapportaient-ils que les personnes repêchées dans la Seine avaient presque toutes et tous des objets dans les poches, des objets non utilitaires…6Manuel Charpy évoque ce point dans la série documentaire de Laetitia Druart, Ce qui reste : vie et mort des objets, épisode 3 « Le dernier inventaire », LSD La Série Documentaire, France Culture, 2021

Mary Fitzgerald, Wedding Dress, c. 1940

Des souvenirs, au sens de « ce qui reste en mémoire », tels ces objets-talismans que l’on garde en poche… et souvenirs, aussi, au sens de « ce qui revient à la mémoire »… Tel ce vêtement que l’on redécouvre dans un placard, un vêtement qui « a joué son rôle, qui a surligné quelque chose. Il a donné un timbre, une tonalité, et puis voilà on le retrouve »7Ainsi parle Jane Sautière dans « Les habits de nos vies » de Stéphane Mercurio (2022). Jane Sautière, dont le livre « Dressing »8SAUTIERE J., Dressing, Verticales, 2013 a inspiré le très beau documentaire de Stéphane Mercurio « Les habits de nos vies », y parle ainsi de cette expérience de la redécouverte d’un vêtement. Une expérience où il est possible, non pas de retrouver le « soi » que l’on a été au moment où l’on portait ce vêtement, mais de mesurer « tout l’espace de la vie qui s’est écoulée ».9Jane Sautière dans « Les habits de nos vies », ibid

Objets qui rendent forts

Au-delà de l’affection que nous portons à des objets particuliers, nous prêtons à certains la capacité de nous donner du pouvoir, de nous rendre plus forts. Bien sûr, il existe les objets porte-bonheur, que nous emportons avec nous les jours de grande épreuve. Mais le pouvoir de certains objets excède cette simple dimension porte-bonheur.

Dans un reportage de Alice Babin dans les Pieds sur Terre « Objets inanimés, avez-vous donc une âme? », Kab raconte ainsi le pouvoir que lui donne la bague léguée par sa mère : « Quand je la vois, elle me rassure, elle me donne de l’audace, de l’ambition, elle m’aide à savoir qui je suis ».10BABIN A., Objets inanimés, avez-vous donc une âme?, Les Pieds sur Terre, France Culture, 2020

Dans « Les habits de nos vies », Stéphane Mercurio donne la parole à quatorze personnes âgées de 14 à 75 ans qui se racontent à travers un vêtement11MERCURIO S., Les habits de nos vies, ibid. La robe de l’avocat, le gilet jaune de la femme qui a pu exprimer sa colère, ces vêtements « autorisent » à prendre la parole et font que celles et eux qui les portent sont entendus.

Image issue du film « Les habits de nos vies » de Stephane Mercurio (c) Iskra / La Générale de Production

Objets qui classent

Certains objets ont un autre pouvoir, celui de nous ancrer dans un milieu social. Prenons l’exemple de la timbale et cuillère en argent des milieux bourgeois. J’ignorais moi-même tout de cet usage jusqu’à un temps récent, tout comme Manuel Charpy, docteur en histoire contemporaine, avant qu’il ne s’intéresse à l’articulation entre culture matérielle et identité bourgeoise :

« J’ai mis beaucoup de temps à comprendre ce qu’était cette timbale en argent… Il faut dire que dans un salon ordinaire [bourgeois] du milieu du XIXème siècle, vous avez, je ne sais pas… 300, 400 bibelots… Effectivement, je voyais passer des timbales, mais pour moi cela s’inscrivait dans cet espèce de capharnaüm de bibelots… Et en fait non, la timbale, c’est quelque chose de très codifié dans le souvenir intime des familles. C’est la première timbale avec la petite cuillère en argent (…) qu’on va donner à l’enfant quand il commence à manger sa bouillie tout seul. Cela rentre dans l’autel des souvenirs familiaux et de la construction de l’individu… »

Manuel Charpy12Manuel Charpy tient ces propos dans la série documentaire de Laetitia Druart, « Ce qui reste : vie et mort des objets », épisode 3 « Le dernier inventaire », LSD La Série Documentaire, France Culture, 2021.
Erwin Schwabe, Silver Spoon, c. 1936

Objets de l’exil

Celles et ceux d’entre nous qui ont dû quitter leur pays, parfois précipitamment, quels objets ont-ils emportés ? Quels sont les objets qui font mémoire de cet exil ? Autour d’un ou plusieurs objets, donnés ou déposés par des particuliers, la Galerie des dons du musée national de l’histoire de l’immigration présente des histoires singulières d’exil. « Ces trésors intimes offerts en partage nous ramènent à nos racines, tout en révélant notre part d’humanité commune »13Page de présentation de la Galerie des Dons. Le site internet du musée national de l’histoire de l’immigration indique qu’elle a fermé au public en 2020 pour travaux : « Les dons retrouveront leur place, non plus dans une galerie dédiée, mais tout au long du nouveau parcours permanent du Musée prévu en juin 2023 ».

La tête en mie de pain de Frida Rochocz (c) Musée national de l’histoire de l’immigration

Il en ainsi de la « petite tête » de Frida Rochocz. Née en Argentine d’une famille d’origine espagnole par sa mère et allemande par son père, Frida n’avait que huit ans, lorsque son père est décédé. Elle a grandi avec sa mère et ses frères aînés, une famille engagée politiquement, victime de la répression politique dans les années 70. Un de ses frères a été assassiné, l’autre porté disparu. Frida, âgée de dix-sept ans, a été suspectée, par erreur, d’être la compagne d’un chef de parti politique clandestin, et pour cela enlevée par les militaires, puis relâchée. La mère de Frida l’a alors exhortée à quitter l’Argentine. La jeune fille a emporté avec elle quelques objets, dont cette petite tête. Celle-ci lui avait été donnée par un prisonnier politique, alors qu’elle rendait visite à son frère lui-même emprisonné. Cet objet a joué un rôle important dans ses premières années d’exil, un exil qui l’a conduit en France :

« C’est une petite tête qui rentre dans le creux de la main. (…) Je l’avais tout le temps pendant des années sur moi. Quand je la tenais dans ma poche, je pouvais mettre le pouce et l’index sur les yeux et ce doigt sur la bouche. Je la serrais, elle faisait partie comme ça d’une énergie qui me reliait à tout ce que j’avais perdu, c’est-à-dire tout. »

Frida Rochocz14ROUAULT C., BORIES B., Objets et migration, Les Ateliers de la création, France Culture, 2015

Cette transmission de la statuette au musée a conféré à l’objet un statut de témoignage : En même temps qu’elle évoque la trajectoire singulière de Frida, cette statuette en mie de pain témoigne de l’histoire des prisonniers politiques et des disparus en Argentine15Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la page consacrée à l’histoire de Frida sur le site du musée de l’histoire de l’immigration..

L’objet joue aussi un rôle particulier dans une autre forme d’exil : le départ en maison de retraite ou en EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes). Un objet en particulier importe : le vêtement. C’est ce que raconte Sylvie Marot, historienne de la mode, dans la série documentaire « Les Vêtements de nos vies » de Emmanuelle Polle :

« Si on est en EHPAD, on est déjà dans une perte, un début de perte d’autonomie, qu’elle soit physique, qu’elle soit par l’isolement… On est isolé de sa famille, retiré de son intimité. On ne choisit pas le lieu où on est. La seule chose qui nous reste de personnel, ce sont nos habits et nos bijoux, puisque la plupart du temps vous n’avez même plus vos papiers ou en tout cas ils ne sont pas accessibles (…)  Il y a (…) cette peur de la perte de l’habit, qui est une peur réelle. (…) Les habits dans un EHPAD sont étiquetés à votre nom, comme quand vous avez 5 ans, parce que vous ne reconnaissez pas vos habits et parce que vous avez le sentiment qu’on vous les vole. En fait, ils se perdent, tout simplement, à la laverie, parce que les étiquettes tombent(…). Perdre son habit, c’est perdre un peu de soi, de la même façon qu’on a déjà un peu perdu de son habitat, de ses proches… qu’on a déjà un peu perdu tout ce qu’on a fait de sa vie. »

Sylvie Marot16POLLE E., Les vêtements de nos vies, Épisode 3 : La dernière garde-robe, LSD La Série Documentaire, 2022

Objets de transmission familiale

Les objets nous survivent, ils sont en cela vecteur de transmission. Une transmission qui peut être activement menée par la personne qui se sent en fin de vie, et qui se met, en conscience, à distribuer ses objets spéciaux. Dans sa thèse17GUILLEMOT S., Les motivations des personnes âgées au récit de vie et leurs influences sur la consommation de services biographiques. Thèse en gestion et management. Université de Bretagne occidentale, Brest, 2010, Samuel Guillemot entreprend une synthèse de différentes recherches pour évoquer les motivations à la transmission de ces objets spéciaux. Il établit qu’au-delà de l’objet, c’est bien l’histoire attachée à l’objet que le propriétaire désire transmettre.

Objet transitionnel des débuts, objets spéciaux de la fin de vie… Même histoire d’histoires.

Au rang des motivations tournées vers soi, l’enseignant-chercheur évoque l’importance des objets spéciaux dans le processus de préparation à la mort, puisqu’ils symbolisent l’identité de l’individu. Transmettre un objet comme une médaille ou une décoration, c’est souligner aux destinataires les aspects de soi qui comptent et dont on est fier. Léguer des objets à la génération suivante peut consister à « investir une partie de soi dans l’avenir et atteindre une forme d’immortalité symbolique ».18GUILLEMOT S., ibid

Eleanor Gausser, Jewel Box, 1935/1942

Quant aux motivations tournées vers les autres, elles s’incarnent, au moment de la transmission, dans le « cadeau parfait », le transfert de l’objet s’inscrivant dans un rite de passage (mariage, baptême, anniversaire…). A titre posthume, la transmission « contribue à donner une continuité générationnelle dans la vie de celui qui le reçoit. Le transfert physique peut alors s’apparenter à une cérémonie d’investiture symbolique, où l’individu passe le témoin à la génération suivante »19GUILLEMOT S., ibid.

Mais cette transmission des objets n’est pas toujours le fruit d’une démarche aussi active de la part du propriétaire de ces objets spéciaux. L’enseignante chercheuse Valérie Guillard a étudié l’expérience particulière qui consiste à vider la maison d’un proche qui part en institution ou qui décède. Elle l’évoque dans le documentaire sonore de Laetitia Druart « Ce qui reste : vie et mort des objets » :

« On se retrouve face à une vie d’objets… Dans le cas où la personne est âgée, elle a accumulé un tas d’objets et elle n’a pas fait ce tri… Parce que ce n’est pas encore aujourd’hui dans la norme de s’occuper de ses possessions. Lorsqu’on est en fin de vie, on a toujours cette tradition de l’héritage et cette idée que les enfants vont s’occuper de ce que les parents ont accumulé. Les enfants se retrouvent donc face à une accumulation d’objets qui leur rappellent souvent leur propre enfance, leur propre trajectoire…Il existe des pratiques différentes. Vous avez les personnes qui gèrent les objets un par un, c’est-à-dire qu’ils vont faire venir un antiquaire pour faire évaluer les biens qui ont de la valeur, qui vont mettre ces objets sur internet, sur des plateformes de dons. Ils ne vont absolument rien jeter de ce qu’avaient leurs parents. A l’inverse, vous avez des enfants qui ont besoin de détruire tout ce qu’avaient les parents, parce que la charge est trop lourde… Ils font venir une benne, ils y mettent tout, parce qu’ils ne peuvent pas gérer objet par objet…C’est trop violent pour eux. »

Valérie Guillard20DRUART L., Ce qui reste : vie et mort des objets, épisode 3 « Le dernier inventaire », LSD La Série Documentaire, France Culture, 2021.

Dans ce scénario de l’enfant seul à prendre en charge le sort des objets parentaux, les objets spéciaux peuvent sortir d’une chaine de transmission familiale. L’auteure et psychanalyste belge Lydia Flem s’interroge sur ce point dans son livre « Comment j’ai vidé la maison de mes parents ».

« Les objets vivent plusieurs fois. Transmis à de nouveaux propriétaires, garderont-ils quelque trace de leur existence antérieure ? Il n’est pas indifférent de les imaginer ailleurs, dans d’autres mains, pour des usages qui se superposeront à ceux qu’ils ont précédemment connus. J’avais besoin de croire que ceux qui avaient été choisis et soignés par mes parents seraient aimés, investis, choyés par leurs nouveaux acquéreurs. Pour les donner sans regrets ni culpabilité , je voulais penser qu’ils s’useraient et vieilliraient entourés d’attention. Les choses ne sont pas très différentes des personnes ou des animaux. Les objets ont une âme, je me sentais chargée de les protéger d’un trop funeste destin. »

Lydia Flem21FLEM L., Comment j’ai vidé la maison de mes parents, Seuil, 2004

Difficile décision que celle d’élire les objets qui seront conservés et d’écarter ceux qui seront donnés… Cette difficulté résulte-t-elle d’une absence de récit ? Que faire si nos parents ont omis de nous indiquer les objets qui leur étaient chers ? Comment deviner la signification projetée sur ces objets spéciaux, perceptible seulement par leurs propriétaires ?

La personne à laquelle j’ai fait allusion en début d’article, qui avait évoqué avec moi les objets maternels « conteurs », m’a également parlé de son projet de recueillir auprès de sa mère les souvenirs associés aux objets, tant qu’il en est encore temps. Cela m’a inspiré l’idée d’une forme particulière de récit biographique, la « biographie-cabinet de curiosités »22Cabinet de curiosités…ou cabinet d’histoires curieuses ? J’emprunte cette double expression à l’intervention « Du cabinet de curiosités au cabinet d’histoires curieuses : une tentative pour réanimer les objets » de l’anthropologue et commissaire d’exposition néerlandaise Nanette Snoep (colloque « Du droit des objets (à disposer d’eux-mêmes ?) » organisé en 2018 par la chaire d’Histoire culturelle des patrimoines artistiques en Europe, XVIIIe-XXe siècle du Collège de France). À la manière du livre Les Années, où Annie Ernaux appuie son récit autobiographique sur des photos la représentant à différents âges de sa vie, les objets seraient autant de points d’ancrage du récit de vie… Qu’en pensez-vous ?

Pour (ne pas) finir, je vous laisse en compagnie de la poésie de Philippe Katerine…

* Cet article s’inscrit dans une série débutée en mars 2023, inspirée par les entretiens que j’ai menés cette même année auprès de 42 personnes de tous âges et horizons : elles m’ont parlé de leur rapport à la transmission, à la mémoire, au récit de vie… À travers ces articles, mon idée est d’ouvrir un champ de réflexion plutôt que de chercher à résoudre les questions soulevées…

N’hésitez pas à prendre part à la conversation, en commentant cet article. Si vous souhaitez le partager, vous pouvez le faire en cliquant sur les icônes ci dessous :

  • 1
    WINNICOTT D., De la pédiatrie à la psychanalyse, Payot, 1989
  • 2
    HOUSE E., Mon doudou pour la vie, Gallimard Jeunesse, 2022. J’ai beaucoup lu ce livre avec mes filles, je recommande !
  • 3
    MUENSTERBERGER W., Le Collectionneur : anatomie d’une passion, Payot-Rivages, 1996
  • 4
    GUILLARD V., Boulimie d’objets, L’être et l’avoir dans nos sociétés, De Boeck, 2014 (extrait issu du texte de présentation du livre)
  • 5
    SOUCHON A., Foule sentimentale, chanson issue de l’album « C’est déjà ça », 1993
  • 6
    Manuel Charpy évoque ce point dans la série documentaire de Laetitia Druart, Ce qui reste : vie et mort des objets, épisode 3 « Le dernier inventaire », LSD La Série Documentaire, France Culture, 2021
  • 7
    Ainsi parle Jane Sautière dans « Les habits de nos vies » de Stéphane Mercurio (2022)
  • 8
    SAUTIERE J., Dressing, Verticales, 2013
  • 9
    Jane Sautière dans « Les habits de nos vies », ibid
  • 10
    BABIN A., Objets inanimés, avez-vous donc une âme?, Les Pieds sur Terre, France Culture, 2020
  • 11
    MERCURIO S., Les habits de nos vies, ibid
  • 12
    Manuel Charpy tient ces propos dans la série documentaire de Laetitia Druart, « Ce qui reste : vie et mort des objets », épisode 3 « Le dernier inventaire », LSD La Série Documentaire, France Culture, 2021.
  • 13
    Page de présentation de la Galerie des Dons. Le site internet du musée national de l’histoire de l’immigration indique qu’elle a fermé au public en 2020 pour travaux : « Les dons retrouveront leur place, non plus dans une galerie dédiée, mais tout au long du nouveau parcours permanent du Musée prévu en juin 2023 »
  • 14
    ROUAULT C., BORIES B., Objets et migration, Les Ateliers de la création, France Culture, 2015
  • 15
    Pour en savoir plus, vous pouvez consulter la page consacrée à l’histoire de Frida sur le site du musée de l’histoire de l’immigration.
  • 16
    POLLE E., Les vêtements de nos vies, Épisode 3 : La dernière garde-robe, LSD La Série Documentaire, 2022
  • 17
    GUILLEMOT S., Les motivations des personnes âgées au récit de vie et leurs influences sur la consommation de services biographiques. Thèse en gestion et management. Université de Bretagne occidentale, Brest, 2010
  • 18
    GUILLEMOT S., ibid
  • 19
    GUILLEMOT S., ibid
  • 20
    DRUART L., Ce qui reste : vie et mort des objets, épisode 3 « Le dernier inventaire », LSD La Série Documentaire, France Culture, 2021.
  • 21
    FLEM L., Comment j’ai vidé la maison de mes parents, Seuil, 2004
  • 22
    Cabinet de curiosités…ou cabinet d’histoires curieuses ? J’emprunte cette double expression à l’intervention « Du cabinet de curiosités au cabinet d’histoires curieuses : une tentative pour réanimer les objets » de l’anthropologue et commissaire d’exposition néerlandaise Nanette Snoep (colloque « Du droit des objets (à disposer d’eux-mêmes ?) » organisé en 2018 par la chaire d’Histoire culturelle des patrimoines artistiques en Europe, XVIIIe-XXe siècle du Collège de France)

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