
Écrire son autobiographie : est-ce pour vous une idée ? Un projet ? Déjà quelques lignes couchées sur une feuille ? Dans cet article, vous allez découvrir l’exemple concret d’une démarche autobiographique à travers le témoignage d’A., que je j’ai eu le plaisir d’accompagner dans l’aventure de se raconter.
A. nourrissait depuis longtemps l’idée d’écrire son histoire de vie. Ce désir n’avait pas échappé à C., une de ses belles-filles.
C. s’est adressée à moi à l’été 2023. Nous avons échangé sur ce projet de transmission familiale. C. s’est montrée curieuse de cet ouvrage sonore dont je lui ai parlé comme un complément possible au livre que nous allions écrire ensemble avec son beau-père. Elle n’y avait pas pensé spontanément, mais a eu l’intuition que cette trace sonore serait précieuse. « A. est un conteur né », a-t-elle souligné. Elle disait vrai. J’ai pu en faire l’expérience dès notre première rencontre en septembre 2023.
Un an après la publication familiale du livre et de l’ouvrage sonore, j’ai recueilli le témoignage d’A. Celui-ci revient dans cet article sur son expérience et ce qu’il en retient. Je mets ce témoignage en dialogue avec mon propre regard. Bonne lecture !
Se raconter avec l’aide d’une biographe
Un guide dans un labyrinthe de souvenirs et d’anecdotes
« Travailler avec Marie sur mon propre livre a été une expérience aussi intéressante qu’exaltante. Des histoires enfouies depuis longtemps ont refait surface, me donnant l’occasion de célébrer et de me réconcilier avec les bons et mauvais moments. Marie a été un guide constant dans ce labyrinthe de souvenirs et d’anecdotes, capable de donner une perspective et d’approfondir des moments de vie : ils n’étaient qu’esquisses et sont devenus grâce à elle des images colorées. Ses conseils ont transformé un projet qui semblait impossible et écrasant en un travail gérable, organisé et structuré. »
A.
Le rôle de facilitateur du biographe
A. souligne ici plusieurs apports du biographe :
Susciter les souvenirs
Par ma présence, mon écoute et mes questions, j’ai favorisé chez A. la remontée des souvenirs. Je ne me lasse pas d’assister chaque fois à ce petit miracle exponentiel : une fois la mémoire avivée, les souvenirs remontent en cortège !
Permettre de se réconcilier avec son histoire
A. relève que ce travail lui a permis de se réconcilier avec les bons et mauvais moments de sa vie. Si le travail biographique n’a pas de vocation thérapeutique, il peut néanmoins avoir des effets thérapeutiques.
Créer des scènes vivantes
J’aime beaucoup l’expression d’A. : « [des moments de vie] n’étaient qu’esquisses et sont devenus grâce à elle des images colorées». Être biographe, c’est exercer un métier d’écoute et d’écriture : l’écoute attentive met à l’affût de tous les détails d’une anecdote qui feront ensuite le sel d’une scène couchée sur le papier. Et dans la phase d’écriture, je me saisis de la matière contée par le narrateur pour donner à voir, et ainsi susciter des images dans la tête du lecteur.
Apporter une méthode sur-mesure
A. évoque ce projet autobiographique comme quelque chose qui lui semblait au départ impossible et écrasant. Par où commencer ? Comment agencer le texte ? L’apport du biographe est de délester le narrateur de cette charge mentale : le narrateur se concentre sur les souvenirs, le biographe s’occupe de mettre en musique ce projet : calendrier prévoyant les temps d’entretien et de relecture, recueil de l’histoire et mise en mots… Et mise en sons dans le cas de la biographie sonore.
L’apport de la biographie sonore
Parler à ses descendants pour l’éternité
« La biographie sonore a été un vrai bonheur. Ainsi, je pourrai parler à mes futurs petits-enfants avec ma propre voix, longtemps après avoir disparu. La musique choisie m’a renvoyé à mes jeunes années, de nombreux moments heureux. C’est un outil astucieux, car le son de la voix est si unique qu’il éclaire une toute nouvelle facette de notre existence. Tout le monde peut m’entendre raconter des histoires alors que je me promène dans mon jardin, que les oiseaux chantent, que les grenouilles coassent, que les grillons chantent et que le ruisseau bouillonne. La touche parfaite ! »
A.
Les bienfaits du récit de vie sonore
Le témoignage d’A. révèle plusieurs bienfaits de la biographie sonore :
Permettre à sa descendance de rencontrer le narrateur
Accéder à une facette incarnée de sa présence, que l’écrit ne peut tout à fait restituer : voilà ce que permet et permettra l’ouvrage sonore aux descendants du narrateur. Y compris celles et ceux qui seront nés après son départ. Dans la biographie sonore, j’ai tissé des temps d’entretiens avec des moments du quotidien, qui fournissaient de précieuses occasions de transmission : dans sa cuisine, A. a détaillé une recette qui lui était chère ; dans son potager, il a parlé de son lien à la terre…
Évoquer des moments de vie d’une manière sensible
A. est né dans un pays lointain, qu’il a quitté lorsqu’il était jeune adulte. Je suis allée chercher des enregistrements d’instruments de ce pays, que j’ai incorporés à l’ouvrage. Une façon de ressusciter cette atmosphère de l’enfance.
Immortaliser la voix
Chaque voix est unique… Et tellement émouvante l’écoute de la voix d’un proche, de ses intonations caractéristiques, de son accent familier… Nous sommes si nombreux à regretter de ne pas disposer d’un enregistrement de la voix de nos proches disparus… La famille d’A. dispose pour toujours de sa voix pénétrante, de cet accent qui raconte son pays de naissance.

Avec le recul, quels ont été les effets de cette traversée autobiographique ?
Accepter, célébrer et transmettre l’histoire de sa vie
« Ce récit de ma vie m’a permis d’accepter les événements et, surtout, de célébrer et de transmettre l’histoire de ma vie. Il est devenu un trésor à partager avec la famille et les amis proches ; il m’a donné fierté et confiance en moi et a fait de ce dont je rêvais une réalité. Merci beaucoup Marie. »
A.
Des effets pour soi, des effets pour les proches
Le propos d’A. met en évidence les deux types d’effets de la démarche autobiographique : pour soi et pour les autres. Dans les deux cas, le récit fait lien.
Pour le narrateur
- L’autobiographie fait lien et sens entre des épisodes de vie qui pouvaient apparaitre épars, sans rapport les uns avec les autres.
- Le récit de vie est aussi l’occasion d’accepter et de célébrer cette vie dans son ensemble, avec ses parts d’ombre et de lumière.
- Il s’agit d’un acte de transmission qui peut aider à traverser un moment où la fin de vie est un horizon à envisager peu à peu.
Pour les destinataires
- La biographie du proche unit les membres de la famille. C’est un « trésor à partager » comme le souligne A.
- C’est un récit qui crée parfois l’envie d’en savoir plus. Les petits-enfants, à la lecture du texte, peuvent découvrir des pans entiers de la vie de leur aïeul, qu’ils souhaiteront mieux connaître en l’interrogeant directement : l’autobiographie engendre ainsi d’autres récits.
- L’autobiographie est certes centrée sur la vie du narrateur, mais elle évoque aussi les ancêtres. Elle fait donc lien entre plusieurs générations et siècles. Lorsqu’il s’agit, comme c’était le cas pour A., d’une ascendance vivant dans un pays éloigné, cette connaissance est d’autant plus précieuse.
Je remercie ici A., ainsi que son épouse J. Leur accueil et leur confiance sont inoubliables. Je remercie aussi chaleureusement C., la commanditaire, sans qui cette aventure n’aurait pu débuter, sans qui ce « trésor à partager » ne serait advenu.
Chaque autobiographie est unique. Cet article vous a présenté l’exemple d’un projet autobiographique qui s’est traduit en livre et en ouvrage sonore. Si vous êtes tenté par cette aventure, et si vous souhaitez en savoir plus sur ma manière de travailler, je vous invite à consulter la page consacrée à mes services. N’hésitez pas à me contacter directement.
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